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La Supplique Politique

Aux derniers siècles du Moyen Âge en Europe occidentale, le dialogue entre les princes et leurs sujets passe par différents canaux. L’émergence des assemblées représentatives et parlementaires, dans presque tous les territoires, facilite les échanges entre des pays qui se constituent progressivement en véritables États et leurs princes respectifs. À un niveau plus local, les communautés urbaines et villageoises entament elles aussi un dialogue alimenté par leurs propres préoccupations. Ce dialogue passe par la voie de pétitions et de requêtes, le plus souvent qualifiées de suppliques, auxquelles les princes apportent des réponses qui établissent ou réforment les normes du droit, corrigent les abus des officiers dans l’exercice de leurs fonctions ou simplement accordent des grâces en forme « miséricordieuse » pour pardonner certains crimes, pour surveiller la moralité de leurs sujets ou pour soulager leur détresse dans des situations de guerre, d’épidémie ou de famine.

Le présent corpus de textes contient 518 documents provenant du comté de Provence, dans le sud de la France actuelle, entre 1382 et 1480, qui tous, textuellement ou de manière indirecte, livrent la teneur de suppliques présentées par des communautés, des plus grandes villes comme Marseille, Arles ou Aix-en-Provence, jusqu’aux petits villages, aux comtes de Provence leurs princes souverains. Ces comtes appartiennent à la dynastie des princes d’Anjou, issus en ligne directe de Louis d’Anjou (mort en 1384), frère du roi de France Charles VI : Marie de Blois, veuve de Louis et régente au nom de son fils Louis II, Louis II lui-même (1389-1417) puis ses fils Louis III (1417-1434) et René (1434-1480).